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Le Japon est une grande puissance économique mondiale grâce à l'entente entre l’état et les entreprises. Membre de la Triade, il est aussi une puissance industrielle depuis longtemps, toujours à la pointe de la technologie. Mais aujourd'hui il est en perte de vitesse, face aux pays émergents comme la Chine. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale qui avait laissé le Japon affaibli, il y eu plusieurs phases dans sa croissance économique. Entre les années 50 et 60, il connaît une période de croissance très intense et rapide (plus de 10% par an, comme la Chine aujourd'hui). Cela lui permet de se relever de la guerre très rapidement. C'est le «miracle japonais», résultat de la stratégie économique dite «en vol d’oies sauvages».
Le principe est simple. Importer des produits peu coûteux, en augmenter la plus-value et produire la version améliorée en masse. Le Japon a ensuite bien gardé chez lui les compétences techniques et délocalisé la production dans des pays «ateliers», afin de trouver la main d’œuvre la moins chère. Grâce à cela le Japon s’assure un bénéfice maximal. L'autre mot-clé dans le développement économique est la coopération. Au Japon, l’état et les entreprises travaillent ensembles. La main d’œuvre était très disciplinée, très attachée aux principes du travail en groupe et de la réussite collective. De plus, la production et la distribution des produits sont étroitement liés (ces groupes sont appelés Keiretsus). Ces caractéristiques sont propres à l’économie du Japon. Jusque dans les années 90 la cohésion était telle que les conflits étaient très rares. Par exemple, le seul mouvement annuel de revendication salariale, au printemps (Shunto), est un modèle de calme. C’est donc un véritable «culte de l’entreprise» qui s’était développé au Japon. Cela représentait un gros avantage par rapport aux autres puissances capitalistes.  Cependant, à partir des années 80/90, la croissance japonaise entre dans une période de ralentissement et même de récession (elle passe des 10% annuels en 1960 à un peu moins de 4% en 1980). Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1978 posent de gros problèmes à cause de la dépendance du Japon vis à vis de l'importation d'énergie. Grâce à une brillante démonstration d'adaptation aux circonstances mondiales, il parvient tout de même à redresser la balance commerciale en augmentant les exportations. L'arrivée de nouveaux concurrents sur la scène internationale s'ajoute à ce moment, et le Japon perd sa place de leader asiatique au profit de la Chine. En plus de ces facteurs purement économiques, des changements sociaux apparaissent dès les années 90. Alors que la coopération Etat / Entreprises reste très marquée, la perte de la garantie d'emploi à vie (25% des postes) et l'influence occidentale conduisent à plus de protestations, notamment parmi les nouvelles générations. Les Japonais aspirent aujourd'hui à plus de souplesse institutionnelle, de liberté individuelle, et le "culte de l'entreprise" tend à disparaître. Le vieillissement rapide de la population pose également des problèmes de main d'oeuvre. Aujourd’hui, grâce à une politique de relance qui se montre efficace, le Japon sort de la période de récession. Son PIB reste le deuxième au monde derrière les Etats Unis. Le chômage officiel est légèrement inférieur à 5%, et continue de diminuer. La croissance, qui s’était essouflée depuis les années 80, tend à reprendre et a atteint 3% en 2006 (hausse prévue jusqu'en 2008). 
La Banque centrale du Japon (BoJ) a réussi à stopper la déflation (baisse des cours des produits japonais) et amorce une phase de légère inflation. Le Yen, monnaie japonaise, reste une devise de référence même s'il est largement dominé. Sa baisse par rapport au dollar s'est arrêtée en 2002, celle par rapport à l'euro n'est pas encore stabilisée (aujourd'hui : environ 150 Yens / Euro, et 105 Yens / Dollar). Industrie et recherche Le secteur industriel est un secteur dominant de l’économie au Japon. Après le «miracle japonais», il est passé au premier rang mondial dans de nombreux domaines : l'automobile (¼ du total mondial) et la construction navale, l'optique, l'électronique. Malgré une concurrence toujours plus forte des pays voisins, Il reste une puissance industrielle majeure. Cette puissance est due à un facteur qualitatif, et non quantitatif. Avec des designs originaux et efficaces, le Japon a attiré les capitaux étrangers. L’industrie lourde (sidérurgie…) des années 70 a presque disparu, et laisse la place à une industrie de haute technologie (robotique, informatique…). De nombreux produits technologiques (jeux vidéos, téléphones portables, ordinateurs…) en viennent. Le domaine recherche et développement est donc un élément essentiel dans la réussite japonaise, même si son leadership est aujourd'hui très largement contesté par la Corée du Sud et Taïwan (Samsung et LG électronics, entreprises coréennes, en concurrence directe avec le géant japonais, Panasonic).
La grande faiblesse du Japon est sa dépendance aux matériaux bruts, notamment l’énergie. Ses ressources naturelles sont en effet très limitées. Ainsi la production d'électricité dépend pour la moitié de centrales nucléaires alors que l’archipel n’a aucune mine d’uranium : tout provient de l’importation. Pour subvenir à ses besoins, même en céréales (riz excepté), il est contraint d'acheter énormément et de dépendre du marché extérieur. La concentration des industries sur des espaces restreints (surtout côtiers) pose le problème de la pollution. Même si le Japon a été un des premiers pays à imposer des règles très strictes en matière d’environnement, les déchets continuent à s’accumuler. Ils sont souvent jetés à la mer ou enterrés sous les immeubles, en dessous d’une couche de béton. Le Japon dans le monde Le Japon est un pays très ouvert aux échanges, aussi bien en importation qu’en exportation. Il faut bien distinguer les deux. Plus d’un tiers des importations sont des produits bruts, et la quasi totalité des exportations sont des produits finis à haute valeur ajoutée (beaucoup plus rentables). La balance commerciale est donc largement excédentaire (beaucoup plus de ventes que d’achats). Entre 1980 et 1990, les exportations ont doublé. Cette explosion de puissance financière a fait du Japon un investisseur puissant, notamment dans les pays d’Asie du Sud-est. Le commerce extérieur, en baisse entre 1990 et 2000, retrouve un nouveau souffle depuis 2001. Certains pays ont eu des rapports privilégiés avec le Japon, ce qui facilite leur développement. Les premiers «ateliers» (les 4 Dragons) sont la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hong Kong. Ils ont profité des délocalisations japonaises des années 70 pour développer leur propre production. La Corée du Sud et Taïwan sont aujourd’hui en concurrence avec le Japon en matière de technologies et d’exportations, et les relations Corée du Sud / Japon se sont beaucoup dégradées pendant les 10 dernières années.
Ces pays ne sont plus des pays «ateliers» depuis les années 90 : la main d'oeuvre y est devenue beaucoup trop coûteuse. Le relais a été pris par la Chine le Viêtnam, et par les pays de l’ASEAN ( Association of South-east Asian Nations) comme la Thaïlande et la Malaisie. A ce jour, la quasi totalité des entreprises ont délocalisé les zones de production en Chine. Les usines du Japon sont menacées de fermeture, notamment à cause du manque de main d'oeuvre, et les mauvaises relations avec la Chine sont un frein à la croissance. L’influence financière du Japon s’étend aujourd’hui partout dans le monde (10% des actifs bancaires aux Etats Unis), et Tokyo est la deuxième place boursière au monde, loin devant Londres. Mais cette puissance vieillissante commence à être dépassée, et est dans l’ombre des deux géants d’Asie : L’Inde et la Chine. |